Après Super Aguri en mai dernier, le récent retrait de Honda relance le débat de la crise identitaire que traverse la Formule un. Les dépenses démesurées malgré les efforts faits pour les réduire, le désintéressement progressif des sponsors, et des fédérations automobiles, font que la Formule 1, elle aussi, subit de plein fouet les conséquences de la crise économiques mondiale .Mais loin d’en être le détonateur, cette crise ne fait que précipiter le besoin de réformes nécessaires.

On n’a cessé de répéter que le danger pour la Formule 1 était l’ennui. Les processions infinies sans dépassement tel qu’il peut y avoir parfois, pour ne pas dire souvent lors de certains Grand Prix n’ont pas fini de ternir l’image de la Formule 1. Ainsi pour améliorer le spectacle, les Ecuries n’ont pas lésiné sur les moyens pour rendre la Formule 1 plus attractives, attrayantes, et même glamour. La FIA n’ont plus : Moteurs bridés, suppression de l’aide au démarrage. Celle-ci a annoncé chaque année des mesures dites « révolutionnaires » pour relancer le spectacle. La saison 2008 a semblé être la meilleure réponse à M. Mosley, étant l’une des meilleures saisons qui nous a été donnée depuis bien longtemps, tant au niveau spectacle qu’au niveau suspense. Mais cette recherche de performance a un coût.
Cependant, la réalité économique est telle qu’elle touche tout les secteurs d’activité, et la Formule un n’échappe pas à la règle : Celle-ci l’a rattrapé, et de la pire des manières : Avec le retrait des deux écuries japonaise, la Formule 1 approche du seuil critique : En 2009, seulement 18 monoplaces prendront le départ des grand prix, soit deux de plus que la norme autorisée. Avec cette annonce électrochoc, le petit monde de la catégorie reine doit se rendre à l’évidence, la survie de leur sport dépend des décisions qui seront prises dans les quelques mois : La formule 1 a besoin de véritables réformes, et d’entamer une vrai révolution.
Laboratoire d’essai des idées technologiques pour la mobilité des automobilistes de demain, la F1 reste un sport gourmand de capitaux, et la recherche de la performance brute amène les constructeurs à dépenser toujours plus dans le souci de combler les restrictions posées par les règlements de la FIA. Parce qu’avec toute sa bonne volonté pour d’un côté réduire les couts, et de l’autre accroitre la sécurité, la FIA est, quoiqu’on en dise reste le responsable involontaire de l’envolée des couts de la formule 1. Cependant, elle poursuit toujours sa volonté d’accroître le spectacle et réduire drastiquement les dépenses.
Ainsi de nombreuses mesures viennent d’être adoptées : augmentation de la durée de vie des moteurs, limitation de l'usage des souffleries. L’aérodynamique aussi est visée par les réformes : les ailerons avant et arrière seront donc radicalement différents et l'on assistera au retour des pneus slicks, sans rainures. Cela devrait, normalement, réduire l'importance de l'aérodynamique mais rendre aussi les dépassements plus aisés car même en temps de crise, le crédo de Max Mosley reste, et restera toujours assurer le spectacle.
Un nouveau visage pour la F1 en 2010
La prise de conscience généralisée a amené la FOTA (l’association des constructeurs automobiles) et la FIA a se rencontré afin de dessiner les contours de la F1 du futur, avec pour principales lignes conductrices : la réduction des coûts, la protection de l’environnement. Ainsi politiques, et acteurs travaillent tous dans un même sens. Luca Di Montezemolo, président de Ferrari et de la FOTA déclarait par ailleurs : « Il y a un sens commun des difficultés actuelles de notre sport. La crise économique mondiale et l’énorme hausse des coûts en Formule 1 au cours des dernières années ont mené la FIA et son Président à donner une forte et juste impulsion pour réduire les coûts en 2010 pour conserver notre sport dans des dimensions économiques acceptables, où toutes les équipes pourront participer »
La proposition phare qui ressort de cette réunion, a été celle proposé par Max Mosley lui-même, à savoir un moteur standard pour tous les constructeurs. Certes, la proposition part d’une bonne intention, car gouffre financier, le moteur est la pièce qui nécessite le plus de recherche et donc d’investissement. Mais en proposant un moteur unique, on enlève à la Formule 1 sa principale raison d’être : La compétitivité. C’est d’ailleurs pour cela que Ferrari et Toyota, se sont vivement opposées à cette proposition. On voit que le chemin de la Révolution est encore long, mais les acteurs montrent bien la volonté de changement.



