
Tout a été fait pour que l’Argentine gagne enfin son premier Saladier, pourtant, le destin en a fait autrement, en élisant son camp du côté des Ibères. La partie était pourtant très mal engagée : une surface réputée ne pas convenir au jeu espagnol, un public hostile, l’absence du numéro un, Rafael Nadal. Enfin de compte, la sélection « Plan B » d'Emilio Sanchez Vicario a plutôt pas mal fonctionné.
A l’issue du premier match, vendredi, c’est Nalbandian qui apportait le premier point à l’Argentine en disposant avec une facilité déconcertante du numéro un de l’équipe espagnol, David Ferrer. Il aura fallu moins de deux heures pour expédier son adversaire, et sentir le sacre s’approcher. Il importait donc à Feliciano Lopez de ramener les deux équipes à égalité, une chose loin d’être facile, quand on sait qui était son adversaire : Juan Martin del Potro, homme en forme de cette année, mais toutefois quelque peu émoussé depuis le tournoi de Bercy.
Lopez, héros de Mar del Plata
Connu pour avoir un mental qui défaille assez facilement, et des fréquents sauts de concentration, « Féli », se montrait sous un autre jour : Perdant toutefois le premier set il a su par la suite se montrer conquérant, et a usé jusqu’à la corde son adversaire, dont le corps n’a pu tenir le combat physique : En plus de jouer sous infiltration, l’argentin a été victime d’une déchirure aux adducteurs… Féli, contre toute attente remporta le match, et rapporta le point de l’égalisation. Le point certainement le plus important, puisqu’il rendit l’espoir au camp espagnol. Les Argentins ont oublié, que quand « Féli ne se regarde pas trop dans une glace, il est un joueur redoutable » dixit P. Dominguez. Il l’a prouvé ce week end en remportant ce point décisif, ainsi que son match en double avec son compère Fernando Verdasco, le deuxième héros de l’Espagne.
Dans une ambiance hostile, et sous les hordes d’insultes lancées par le public argentin, la paire de double a réussi à sortir un grand match. LE match qu’il faut. La aussi un petit miracle, quand on sait à quel point, ces deux la, peuvent être sensible à tout ce qui se passe autour d’eux, la moindre petite contrariété est une cause de déconcentration, et à partir de la, le match est perdu. Pourtant, ils ont su, se montrer plus fort que les insultes, et se servir de cette rage, comme d’une motivation supplémentaire. Redoutable paire de double, et ami depuis leur enfance, Fer et Féli, écument les tournois afin de se roder et d’acquérir des automatismes et de la solidarité. C’est ce qu’il faisait notamment défaut à la paire argentine Callieri/Nalbandian (ce dernier préféré à Acasuso).
Le coup de poker de Sanchez Vicario
Voila donc l’Espagne qui mène 2-1, un petit miracle. Le tout est de confirmer cette avance, le dimanche. C’était Ferrer qui devait jouer la première (et dernière) rencontre, mais Emilio préféra aligner Verdasco, surfant sur la vague positive dans laquelle il était : « Emilio m’a annoncé samedi dans la soirée, après le double, que je remplaçais David et que c’est moi qui jouerait le premier simple. Cela ne m’a pas mis dans tous mes états. J’étais serein… ».
Après un combat de près de quatre heure face à Jose Acasuso (remplaçant de J-M Del Potro), Fernando apporte le point de la victoire, et offre à son pays, sa troisième Copa Davis. Pourtant, ce fut loin d’être un match de tout repos. Au bord nerveusement, et multipliant les doubles fautes, dans le 2eme et 2eme set, il a fallu tout le soutien du clan espagnol et d’Emilio Sanchez pour couvrir les cris du public. « Les cris et les insultes m’ont mis de mauvaise humeur. Je n’arrivais pas à jouer mon jeu alors que je sentais qu’Acasuso était prenable. Donc, je me suis un peu énervé, c’est vrai. Au quatrième set, lorsque je l’ai breaké, je me suis calmé et j’ai commencé à avoir les idées plus claire. J’ai trouvé la bonne tactique : insister sur son revers et le faire courir et le faire souffrir, car il n’avait pas l’air d’être au top physiquement. »
Ainsi, grâce à ces « deux autres » gauchers, l’Espagne a pu montrer, que même sans Nadal, ils pouvaient très bien s’en sortir tout seul. Comme il le dit lui-même d’ailleurs, ce n’est pas un leader mais un joueur comme les autres. Que personne désormais ne se préoccupe du plan B d’ Emilio, l’Armada a su se montrer compétitive en dépit du point concédé par Ferrer en ouverture, et a accompli quelque chose d’historique (une victoire en dehors de chez elle, sur une autre surface que la terre battue), et d’inoubliable. Elle a démontré qu’elle était un groupe d’amis, plus qu’un groupe de tennisman, uni derrière son « Capi » et c’est sans doute la, sa plus grande force. Pour preuve, un Rafa Nadal qui même à des milliers de kilomètre de Mar del Plata, a continué à soutenir ses « potes » en leur envoyant des messages à tout bout de champ. Une chose qui sans doute à manquer au Groupe Argentin, plus préoccupé à se taper les uns sur les autres, qu’à se serrer les coudes. Par cette nouvelle victoire, l’Espagne montre que l’année 2008, c’est l’Année de l’Espagne.
Alors 5-0 pour l’Argentine disait on ? Hum…Mucha gente se morderá la lengua la próxima vez. Que Emilio le disfrute !

2 commentaires:
Waoh ! Quel article :p
Tu t'es donnée à fond comme Feli et Fer !
Bon, bah moi je ne suis pas étonnée hein comme tu le sais puisque j'ai fait chier tout le monde avec mon : "mais je comprends pas pourquoi vous dîtes qu'ils vont perdre, je suis sûre qu'ils vont gagner 4-1..."
Haha ! Me suis pas trompée :p Ouais bon, c'est 3-1, c'est pas ma faute si 'tu amor' il a pas voulu joué ! MDR
Bref, cependant, ce que tu dis est vrai...avec Fer et Feli on ne sait pas trop à quoi s'attendre mais en principe, en Coupe Davis, ils font rarement de la merde, surtout en double...
En tout cas, on peut être fières d'eux... Et, maintenant, Fer est considéré comme un véritable héros...Je t'avoue que ça me dégoute d'un côté que les gens ne se rendent compte que maintenant de son potentiel mais bon, vaut mieux tard que jamais hein :)
Ah Claro que je me suis mise à fond! Parce qu'ils valaient bien non?
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